Le baluchonnage, le nouveau dispositif de 2APA pour soulager les aidants dans tout le département

L’association d’aide aux personnes âgées (2APA) et aux personnes handicapées de Morsbronn-les-Bains est l’une des 40 structures françaises à proposer depuis 2020 des baluchonnages pour soulager les aidants en prenant le relais 24h/24 pour qu’ils puissent partir et souffler.

« On vit au quotidien ce que vivent les aidants, on se met à leur place : on se sent utile », résume Chantal Carbiner, 51 ans, auxiliaire de vie depuis huit ans chez 2APA, association d’aide aux personnes âgées et handicapées située à Morbsronn-les-Bains.

Avec neuf autres volontaires de 2APA, elle a postulé pour faire des baluchonnages, c’est-à-dire remplacer l’aidant pendant trois à six jours consécutifs pour lui permettre de partir en week-end se reposer. Et a été retenue comme trois autres personnels de 2APA aux profils très différents – une 4e personne, une aide-soignante à la retraite, va prochainement être formée.

Une bouffée d’oxygène pour les aidants

Pour les aidants, leur présence est une vraie bouffée d’oxygène. Sonia Carboner, maman de trois filles dont Chloé, 20 ans, handicapée moteur depuis sa naissance, se réjouit de cette « très bonne initiative ». « Pour moi, le gain est énorme : je n’ai plus cette pression dès le réveil de me dépêcher pour m’occuper de Chloé. Au dernier baluchonnage, je n’ai pas appelé pour prendre des nouvelles : j’avais totalement confiance en Chantal [Carbiner] », explique la quinquagénaire qui habite à Plobsheim (1) et attend son prochain répit en mai avec impatience.

Les structures d’accueil temporaires parfois fermées

Car si avant la crise sanitaire Chloé était en établissement médico-social trois jours tous les quinze jours, ce qui permettait à sa maman de souffler, depuis mars 2020, elle est tout le temps à la maison. Comme d’autres enfants qui ont vu leur structure fermer durant plusieurs semaines en raison de la crise sanitaire, « mettant les aidants en difficulté, d’autant que certains prestataires avaient suspendu leurs interventions à domicile », explique Audrey Diemert, directrice administrative chez 2APA qui a sélectionné les intervenantes participant à ce dispositif.

De plus, Chloé a soufflé ses 20 bougies en septembre, ce qui l’oblige à aller en foyer médicalisé. Lequel a refusé un accueil de trois jours tous les quinze jours car ce rythme ne collait pas avec son organisation, rapporte Sonia Carboner. La maman se démène donc pour trouver des auxiliaires de vie à domicile. « Elles devraient venir quatre jours par semaine, mais je n’en ai que deux en raison des soucis que connaissent les prestataires de services à domicile. Du coup je m’occupe de Chloé le matin, à midi et le soir, mais quand je télétravaille, je la délaisse, et elle régresse. Et puis, les auxiliaires de vie manquent de formation, il y a un turn-over », liste-t-elle, fatiguée par moments de ce vrai parcours du combattant.

Un changement de rythme

Sonia Carboner s’appuie donc sur ce nouveau dispositif pour rester debout, elle qui propose des temps de répit aux membres de l’association des parents d’enfants en situation de handicap qu’elle préside. « On rencontre l’auxiliaire de vie avant le baluchonnage pour voir si tout colle et parler du rythme de Chloé. C’est important, car c’est accepter qu’une personne étrangère vive chez vous : si je pars en laissant la maison propre, je veux la retrouver dans le même état à mon retour », explique celle qui doit économiser pour payer le reste à charge de la prestation, le couple s’étant déjà surendetté pour faire construire une maison adaptée au handicap de leur fille.

Le baluchonnage modifie le quotidien de l’intervenante également puisqu’elle s’absente de son foyer plusieurs jours pour ne se consacrer qu’à une seule personne (contrairement au planning journalier où elle enchaîne les domiciles) (2). « Étant H24 avec l’aidé, on va se promener, on cuisine, on échange [en plus des soins]. On a le temps, ce qui nous manque au quotidien, poursuit la Reichhoffennoise Chantal Carbiner qui s’adapte à chaque famille et est formée à l’accompagnement de personnes autistes. Quant à l’aidé, il apprend que l’aidant n’est pas là que pour lui. Cela permet par exemple aux autistes de se détacher de leurs parents, d’accepter qu’ils aient le droit d’avoir leur propre vie. »

(1) 2APA intervient dans tout le Bas-Rhin et est la seule association alsacienne à proposer des baluchonnages, tout comme 39 autres organismes au niveau national.

(2) Après leur baluchonnage, les intervenantes bénéficient de plusieurs jours de repos. Chantal Carbiner profite ainsi de ses enfants, apprécie d’avoir du temps pour elle…

2APA intervient sur tout le Bas-Rhin

2APA, qui compte une soixantaine d’intervenants aidant environ 300 bénéficiaires en Alsace du Nord, a été choisi par le Département pour proposer des baluchonnages de trois à six jours dans tout le Bas-Rhin pour les familles comptant un enfant handicapé. Présenté comme une des solutions proposées aux aidants dont les difficultés ont été exacerbées par la crise, ce projet monté en 2019 a été rendu possible grâce à une dérogation du droit au travail accordée par la Direction générale de la cohésion sociale (qui autorise désormais une personne à travailler plusieurs jours d’affilée 24 heures sur 24, sans changer toutes les 12 heures).

Un dispositif subventionné

Le baluchonnage est porté dans l’Hexagone par l’association Baluchon France, créée en 2019 et qui s’inspire du modèle existant au Québec depuis 1999 pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Ce dispositif, prévu sur trois ans initialement, est soutenu par AG2R la mondiale (organisme de protection sociale qui essaie de créer un modèle économique pour que ce dispositif soit généralisé à toutes les caisses de retraite complémentaire) et dans le Bas-Rhin, par la Conférence des financeurs, qui diminue le reste à charge des parents, cette prestation coûtant 500 à 600 euros par jour environ.

Une solution pour les autistes

Si le baluchonnage permet aux salariées de 2APA (qui sont remplacées pour leurs tournées habituelles) de faire « tout ce pour quoi elles sont formées (change, repas, accompagnement en loisirs…) et qu’elles ne font pas au quotidien », il est également bénéfique aux autistes par exemple, en les aidant à garder leurs habitudes à leur domicile au lieu d’aller en accueil temporaire, ce qui les désoriente, explique Audrey Diemert, directrice administrative chez 2APA.

https://www.dna.fr/societe/2021/04/23/le-baluchonnage-le-nouveau-dispositif-de-2apa-pour-soulager-les-aidants-dans-tout-le-departement

Le « baluchonnage » pour soulager les aidants

Le baluchonnage, expérimenté en France depuis peu grâce à l’association Baluchon France, est une solution de répit longue durée à domicile pour les aidants. Dans le Bas-Rhin, il est porté par l’association 2APA qui a formé cinq salariés à ce type de prestation.

L’association d’aide aux personnes âgées et aux personnes handicapées (2APA), basée à Morsbronn-les-Bains, au nord de Haguenau, est la seule association alsacienne à avoir été retenue en 2019, comme 39 autres organismes de l’Hexagone, pour effectuer des baluchonnages de trois à six jours dans tout le département du Bas-Rhin auprès des familles comptant un enfant handicapé.

Ces interventions sont rendues possibles grâce à une modification du droit du travail et sont soutenues, d’un point de vue financier, par AG2R la Mondiale (organisme de protection sociale) et, dans le Bas-Rhin, par la Conférence des Financeurs. Elles permettent aux aidants de partir en week-end ou en vacances pour se reposer, souffler et se changer les idées (*). L’intervenante de 2APA prend pendant ce temps en charge l’aidé 24 heures sur 24.

https://www.dna.fr/societe/2021/04/25/le-baluchonnage-pour-soulager-les-aidants

Prévenir l’épuisement des aidants

Une quinzaine de séances d’animation et de formation, organisées sous l’égide du conseil départemental, de l’Agence régionale de la santé et des partenaires se sont déroulées durant le « Mois des aidants ». La dernière s’est tenue jeudi 29 octobre à Durrenbach.

Sylvie Weschner, formatrice de la Société Saintbiose, a longuement décrit les situations auxquelles sont confrontés les aidants et a proposé des solutions pertinentes aux personnes présentes.  Photo DNA

La séance était animée par Sylvie Weschner, formatrice de la Société Saintbiose de Wiwersheim, avec Christine Haquette, présidente de l’association de services à la personne 2APA de Morsbronn-les- Bains, en présence de la conseillère départementale Nathalie Marajo-Guthmuller et d’un public peu nombreux.

Un sentiment de solitude

Sylvie Weschner a abordé le thème « Prévenir l’épuisement des aidants » par un tour de table, ce qui lui a permis de répondre aux attentes de chacun et de dégager des solutions souvent globales mais toujours pertinentes.

En introduction, elle a cité quelques chiffres : le pays recense 11 millions d’aidants. 44 % d’entre eux éprouvent des difficultés à concilier leur tâche avec leur vie professionnelle, 31 % délaissent leur propre santé et 32 % souffrent d’une fatigue physique et chronique. Ces deux dernières catégories étant le plus exposées à une situation de stress qui conduit à l’épuisement de l’organisme. Une pathologie sévère dont elle a longuement décrit les mécanismes.

L’aidant s’investit physiquement et émotionnellement et est souvent sujet à une forme d’autodépréciation, dont l’un des symptômes les plus graves est la culpabilisation qui touche la plupart d’entre eux. Finalement, la charge de l’aidant est lourde à porter et entraîne souvent un sentiment de solitude et la détérioration de la situation financière.

Comment s’en sortir ?

Sur le plan législatif, la loi d’adaptation de la société au vieillissement de 2006 reconnaît le rôle et la place de l’aidant. À cet effet, un portail d’information de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie a été mis en place. Parmi les solutions individuelles, l’animatrice a donné plusieurs conseils : se faire diagnostiquer, trouver du répit, passer le relais et trouver des solutions d’écoute dans les groupes de parole, faire appel à l’aide psychologique. Elle a également évoqué des outils simples consistant à pratiquer des exercices de respiration ou de sophrologie pour prendre soin de soi. La conseillère départementale, souvent confrontée à cette problématique, a ajouté que « savoir utiliser les bons mots » permet souvent de faire aboutir les dossiers complexes. Mais « là où le bât blesse, c’est souvent le manque de communication des informations. »

Rencontre santé – Association 2APA

Prévention et soutien aux aidants

« Communauté de Communes Sauer-Pechelbronn » 1 rue de l’Obermatt, 67360 DURRENBACH

3 ateliers de 13h30 à 16h30

Au programme :

La nutrition et dénutrition le 16 septembre 2020

L’aidant et la prévention de son épuissemnt le 29 octobre 2020

La gestion de la relation affective aidant/aidé le 13 janvier 2021

INSCRIPTION AU : 03 88 80 91 97 par mail contact@2apa.fr

Défendons les services de l’Aide à Domicile !

 

Le secteur de l’aide à domicile est depuis trop longtemps sous-financé par l’Etat, ce qui menace aujourd’hui l’accès pour tous à nos services. De plus, l’utilité de nos métiers n’est toujours pas reconnue à sa juste valeur.

Afin de porter une voix alsacienne unanime, les différentes associations de services à la personne de la région se sont réunies pour former un collectif : le Collectif des Associations de l’Aide à Domicile. Il a pour objectif de mener une action commune afin d’alerter les pouvoirs publics et la population.

Concrètement, en signe de mobilisation pour défendre les métiers de l’aide à domicile et son accessibilité pour tous, bénévoles et salariés du Collectif porteront du 9 au 15 mars un brassard « Services à domicile pour tous en danger ».

Les salariés distribueront également des flyers explicatifs et autocollants « Mon Aide à Domicile j’y tiens ! » qui pourront être signés en symbole de soutien.

 

L’aide à domicile est un service indispensable pour permettre à toute personne qui le souhaite de vivre chez elle, quels que soient son âge, son lieu d’habitation, ses ressources ou ses degrés de dépendance. Notre rôle est central au cœur d’une société qui compte désormais plus de 20 % de personnes de plus de 60 ans et dont le nombre des plus de 85 ans doublera d’ici 2020 !

Le Collectif des Associations de l’Aide à Domicile en Alsace est composé de : 2APA, ABRAPA, A DOM’AID 68, APAMAD, APALIB’, ARASC,ASAD-SAAD, ASHPA, DSHA, Fami Emploi 68, Garde Saverne, ISIS Kids, PRODOM67, Servir Pro, Vivre chez moi. 

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